
LE STUC
Historique:
s’applique à l’origine à
un enduit de chaux ou de plâtre voulant imiter le marbre, Peu épais,
composé d’une grande proportion de chaux aérienne éteinte en poudre ou
en pâte et d’une faible proportion de charge fine dont on revêtait les
maçonneries et même parfois les appareils de pierre de taille, pour
obtenir extérieurement ou intérieurement des parements polis, sans
apparence de joints, et que l'on décorait de sculptures délicates et de
peintures. Les stucs furent employés dès la plus haute antiquité. Les
pyramides de Memphis étaient recouvertes d'un enduit stuqué dont on
voit les restes. Les Égyptiens recouvraient leurs édifices d'une
très-légère couche de stuc pour masquer les sutures de la pierre et
pour recevoir la peinture. Les Grecs mettaient des enduits sur toutes
leurs constructions, à l'extérieur comme à l'intérieur, à moins
qu'elles ne fussent faites de marbre blanc. Encore coloraient-ils cette
dernière matière, pour éviter l'aspect froid et uniforme de surfaces
d'une même couleur et pour distinguer les divers membres de
l'architecture. L'enduit qu'ils posaient sur leurs constructions de
pierres est très-mince (un ou deux millimètres). On retrouve
la trace de ces stucages dans les monuments doriens de Sicile, à
Pestum, etc. Les Romains employèrent le stuc très-fréquemment, soit
pour les monuments publics, soit pour les habitations. Les Romains
excellaient dans l'art de préparer et de poser les enduits. Les grands
édifices comme les habitations privées étant construits en brique et
blocage, ils couvraient leurs parements extérieurs et intérieurs de
plaques de marbre et d'enduits posés en plusieurs couches, une
grossière d'abord, une plus fine et une dernière très-mince, bien
dressée, polie et couverte de peintures..

Cette habitude passa dans les
Gaules, et il n'est pas de construction gallo-romaine dans laquelle on
ne trouve des restes d'enduits stuqués, c'est-à-dire polis et peints.
Les procédés de construction eurent la même fortune que les arts, ils
périrent avec eux en Occident à la fin de l'empire romain. Aussi les
enduits que l'on trouve sur quelques rares monuments de l'époque
mérovingienne et carolingienne ne nous laissent plus voir que des
enduits grossiers faits de mauvais matériaux, friables, soufflés, mal
dressés et recouverts de peintures sauvages. On n'avait pas cependant
abandonné dans les Gaules l'habitude de recouvrir les parements de
moellon, et même les grossiers appareils, d'un enduit de chaux et sable
aussi mince que possible, pour dissimuler les défauts et les joints de
la pierre et pour recevoir des colorations. Mais ces enduits n'ont plus
le beau poli des stucs de l'antiquité grecque et de la bonne époque
romaine, ni leur solidité (église de Germigny des Prés - Loiret - IXe
siècle). Autrefois des stucs gravés et peints garnissaient les parois
de l'église. Ces enduits, enlevés dans les parties inférieures, ne se
voient plus qu'à l'intérieur de la tour du clocher central, et
notamment aux baies de ce clocher, lesquelles se composent d'une
archivolte reposant sur deux colonnettes engagées. Or, ces archivoltes
et les colonnettes sont entièrement obtenues à l'aide d'un stuc blanc,
fin, très-dur, recoupé au ciseau pendant qu'il était encore frais. On
peu encore voir des stucs de cette époque sur les gros chapiteaux de
l'ancien narthex de Saint-Rémi de Reims, ceux de la crypte de
Saint-Laurent de Grenoble, et même des chapiteaux de l'abside de
l'église d'Issoire, sont de simples corbeilles de pierre couvertes de
figures et d'ornements de stuc. Ce n'est qu'au XIIe siècle que les
enduits sont faits avec soin; encore ne sauraient-ils être comparés à
ceux des Romains. Il faut dire que le système de construction adopté
par les architectes du moyen âge n'admettait les enduits que là où il y
avait du moellon brut; ces architectes, à dater du XIIe siècle, ne
posèrent qu'exceptionnellement des enduits sur de la pierre de taille,
qui, dût-elle être peinte, laissant voir son parement. C'était à
l'intrados des voûtes faites en moellon brut comme celles des édifices
de la Bourgogne et du Centre, sur les murs de remplissage entre des
piles engagées, que les enduits s'appliquaient, et alors ils étaient
toujours couverts de peintures. Dans les habitations, les intérieurs
des châteaux, on passait cependant parfois un enduit très-mince, même
sur la pierre de taille. C'est ainsi que sont tapissées les salles du
château de Coucy, qui datent du commencement du XIIIe siècle, afin de
dissimuler les joints et de poser la peinture sur des surfaces unies.
Mais ces enduits, assez semblables aux enduits grecs, ne sont qu'une
couche épaisse de chaux et de sable très-fin posée au pinceau et
comprimée au moyen d'une petite taloche. Les couleurs étaient
appliquées sur cette couverte pendant qu'elle était encore humide, puis
encaustiquée lorsque le tout était parfaitement sec: procédé qui
rappelle la peinture monumentale des anciens. Dès le XIIIe siècle, dans
les intérieurs, on employait les enduits au plâtre. .Le stuc est
parfaitement adapté au recouvrement de murs et de plafonds car il peut
être modelé pour devenir un décor en relief, poli pour imiter l’aspect
du marbre ou peint. Grecs et Romains l’utilisaient comme
support de fresque murale. Les techniques de stucage furent diffusées
par les Italiens durant la Renaissance dans toute l’Europe.Le stuc
Marmorino fait partie de l’histoire. C’est François Ier qui l’introduit
en France au château de Fontainebleau, puis Louis XIV à Versailles.
C’est certainement l’une des plus belles finitions qui soit. Le
principe est une succession de couches ayant une charge de plus en plus
fine On trouvait le stuc blanc généralement dans les églises et le stuc
coloré pour les frises qui décoraient les palais et les pavillons de
jardin. Le stucage connu son apogée au XVIIème. Les palais baroques et
rococo ainsi que les églises de pèlerinages, notamment en Bavière et en
Autriche, furent décorées de remarquables stucs. Le stuc est un enduit
teinté dans la masse dont la technique ancestrale remonte à
l'antiquité. Les réalisations sont appliquées en panneaux décoratifs
très recherchés ou sous forme de motifs en relief comme les moulures,
les pierres, les briques ou les colonnes. Sa texture consistante permet
de structurer le relief et la forme en ouvrages décoratifs,
personnalisés à l'infini.
Aujourd’hui

Pour réaliser des stucs, ou stucco,
les professionnels n’emploient, en principe que du sable de marbre
blanc moulu que l’on appelle poudre de marbre. Les fragments
de cette roche permettent une pigmentation parfaite. On peut employer
des morceaux de verre ou de brique broyés, du mica, du quartz, de la
poudre de nacre, de la silice, de la poudre d’ardoise,des scories
metalurgiques, pour obtenir des mélanges de la plus grande
dureté susceptible d’être poli (enduit poli). Cet enduit est ensuite
refermé ou serré à l’aide d’une lisseuse ou d’un galet
pendant la carbonatation (réaction chimique de la chaux
(hydrate de calcium qui mélangée à l’eau et en contact avec le gaz
carbonique de l’air se transforme en carbonate de calcium). On
va serrer le stuc pendant la carbonatation car ainsi on
lustre des cristaux de carbonate de calcium en formation que l’on serre
les uns contre les autres, ce qui va crée une fine pellicule de calcin
en surface. Cet enduit glacé sur l’ensemble de son revêtement
donnera à la finition minérale toutes ses lettres de noblesse
et d’éclat. Le cristal de marbre offre beaucoup plus de facettes que le
cristal de sable et de ce fait capte mieux les rayons du soleil pour
les restituer en irradiant de milles feux les pigments figés dans
l’enduit. La particularité du stuc est qu’il est constitué de plusieurs
couches qui sont posées les unes sur les autres dans le frais. Seule la
variation de la granulométrie de la charge différencie les stucs entre
eux Parmi les stucs les plus connus nous citerons: le stuc de
Mantoue, le stuc Marmorino, le stuc de Venise, le tadelakt, le stuc en
deux couches, la chaux ferrée. La brillance et le lustre des
stucs donnent un éclat différent des enduits décoratifs classiques et
une finition inégalée dans l’histoire de la décoration. Le
stuc est un enduit de luxe, une finition fine, un enduit de
la méditerranée, poli au fer, ou au galet
Technique

Pour la fabrication et
l'application des stucs ou stucco, il est préférable d’être en osmose avec la
matière. Un parfum d’alchimie plane sur le travail de stucateur. La
saison, le vent, la température, l’humidité de l’air, le choix des
matériaux,quels pigments, pour quoi faire? intérieur? extérieur? (
conseil: choisir des pigments qui résistent à ce pour quoi ils sont
déstinés...) le choix de sa chaux de sa charge et de ses
adjuvants sont autant de paramètre à tenir en compte pour
réussire son travail.. Bien préparer son support reste aussi le
meilleur gage de réussite pour tout travail d'enduit à la chaux. Les
supports doivent être sains, pas de trous, de fissures. Faites le
nécessaire avec les matériaux adaptés afin de retrouver un support
plan. Eliminez du support tout résidu pouvant gêner l'application.
Proscrire toutes traces d'ancien revêtement tel que peinture, plâtre...
Pour une bonne préparation des supports il faut les différencier en
fonction de leur nature. Nous pouvons différencier deux type de fonds,
les fonds bloqués (peintures, plaques de plâtre, carreau de plâtre,
plâtre, ciments) et les fonds ouverts (torchis, briques, béton
cellulaire, moellons de calcaire, parpaing). Sur un fond bloqué, passez
une colle mélangée à de la poudre de marbre ou plus simplement de la
colle à carrelage appliquée avec une spatule crantée à denture fine.
Passez ensuite l'enduit de préparation. Sur les supports ouverts,
passez un badigeon de chaux puis l'enduit de préparation. Sur un
support à la chaux en bon état, humidifiez le support et appliquez
directement le stuc. Pour l’application du stuc, le stucateur travaille
de préférence dans une pièce tempérée. Maintenez une ventilation
constante de la pièce après la mise en œuvre afin d'assurer
une bonne carbonatation de la chaux. Il est impératif d’adjoindre pour
préparer un enduit décoratif à la chaux une certaine quantité de charge
de manière à obtenir un revêtement mural de qualité... Il est
impossible de donner des dosages en eau, trop de facteurs entrent en
jeux mais on peut retenir une base de 3.5 litres d'eau pour 5 kg de
mélange chaux + charge. L'enduit doit être consistant et plastique.
Bien vérifier l'épaisseur et la planéité, si les épaisseurs ne sont pas
les m^emes le séchage ne se fera pas de façon homogène et quand il sera
temps de passer la deuxiéme couche des parties seront encore fraiche et
absorberont la deuxiéme couche différament, ça peu faire un style mais
en général ça "décolle" et c'est raté. Il est impératif de faire
l'enduit en une journée, sans raccord, c'est pourquoi il faut débuter
très tôt et peut-être travailler à deux, trois quatre cinq ... L'enduit
sera préparé la veille pour permettre à l'eau de mouiller les éléments
à coeur. Si vous souhaitez un enduit coloré, vous devez ajouter des
pigments à l'enduit de finition. Les ocres donneront une tonalité douce
et chaleureuse tandis que les couleurs à la chaux donneront
une coloration plus intense, plus moderne. Le coloriste trouvera
matière à superposer les couleurs pour créer de subtiles
camaïeux de teintes ou de plus exotiques contrastes de
tonalités grâce aux multiples possibilités offertes par le marchand de
couleurs pour choisir sur un nuancier les pigments pour la
chaux que l’on souhaite utiliser pour la préparation de la couleur des
pates de ses enduits .Toujours faire de échantillons au préalable pour
obtenir ses couleurs car lorsque l'on applique l'enduit frais, la
teinte est beaucoup plus soutenue que lorsque elle est séche. Calculez
le poids de vos pigments en fonction du poids de la chaux, pour éviter
la saturation des couleurs. La saturation des couleurs se produit
lorsqu'une couleur ne peut plus être modifiée. Elle est différente en
fonction de la nature du pigment, terres ou oxydes. On peut considérer
la limite de saturation des couleurs à 20 % pour les terres et à 10 %
pour les oxydes. En aucun cas, il ne faut dépasser 25 % pour les terres
et 15 % pour les oxydes (si la proportion des pigments est supérieur il
faut la considérés comme charge et doit être compté comme telle en
réduisant la poudre de marbre du mélange. Attention les
pigments sont très fins en comparaison des poudres de marbre et demande
pour un même volume plus de chaux pour entourer chaque grain, alors il
faut en mettre moins que le volume de poudre de marbre pour obtenir le
même résultat en matière de qualité d’enduit (faire des essais).
Recette du stuc

Une formulation
simple de
stuc pourrait étre la suivante,
Premiére couche
Une part de chaux aérienne pour une part de poudre de marbre moyenne
Deuxiéme couche
Une part de chaux aérienne pour une part de poudre de marbre fine
Se souvenir que l'on à besoin de beaucoup plus d'enduit en premiére
couche qu'en seconde et que la consistance de la premiére couche est
plus épaisse que la deuxième. Un stuc s'accroche sur un enduit de
préparation qui pourrait avoir cette formulation: Une part de chaux
aérienne pour deux parts de poudre de marbre moyenne.